Voilà, ça y est, nous sommes installés. J’ai un nouvel atelier. Un vrai cette fois, pas une chambre transformée.

J’aurais pu me remettre à la couture plus tôt mais les Robins sont encore en vacances pour un long mois, et maintenant, on ne vit plus dans une maison mais un appartement. Il a fallu penser comment installer la surjeteuse sans faire vibrer la table au sol ou encore rendre mes voisins sourds avec son bruit de marteau piqueur. C’est que je suis cernée ! Dessus, dessous, à droite, à gauche, partout des voisins. On n’a pas choisi de partir, on n’a pas vraiment choisi ce logement (enfin, en région parisienne, on n’espérait pas trouver une maison au loyer abordable sans avoir une heure de route matin et soir. Alors on a pris ce qu’il y avait). On va devoir faire avec.

La couture sera peut-être un peu au ralenti, au moins le temps que les garçons retrouvent le chemin de l’école.

 

Pour ma reprise à moi, je me suis fait plaisir. Parce que les garçons sont contents et n’avaient pas besoin de réconfort. Parce que l’Homme devra attendre que j’achète du tissu pour lui coudre quelque chose.

J’avais ce Liberty acheté peu de temps avant de partir qui attendait son heure. Si j’ai hésité, vous pensez ! C’était sûr que ce serait lui qui aurait la primeur de tester mon nouvel atelier. Le Wiltshire rouge. Une petite pépite dénichée chez Mamzelle Fourmi. Un classique presque chez Liberty tant j’ai l’impression d’avoir vu son motif si souvent cousu. A mon tour j’ai craqué. Il est si beau.

 

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Et qu’est-ce qu’on se coud ?

Gros, très gros dilemme. J’étais partie sur un chemiser parce que j’avais vraiment envie d’un chemisier. Je n’en ai pas et j’avais envie d’en avoir un. Enfin si, j’en ai un du commerce très cintré, mais, comment dire ? J’ai un peu gonflé pendant les jours qui ont précédé et suivi notre déménagement. Ses boutons pression sautent au moindre mouvement ! Il faut bien le dire, on a bougé de 250 km et on a dû pratiquer la « cuisine » au micro-onde et les plats tout prêts quand on est descendus quelques jours pour signer le bail et encore un peu quand on a déménagé, avant d’être reliés au gaz. Mon ventre et mes cuisses s’en souviennent, hélas.

Donc une grosse envie de chemisier mais pas vraiment convaincue par ceux que j’avais. Et pas plus convaincue par les autres patrons en ma possession. Alors j’ai patronné.

Comme chaque fois que je décide de créer, je m’auto-interroge sur ce que je souhaite. Quel vêtement ? Quelle forme ? Quelle ampleur ? Quelle longueur ? Quand j’ai répondu à toutes ces questions, je passe aux détails.

Ici j’ai voulu donc un chemisier, avec des manches courtes parce que nous sommes en août et que je peux encore coudre du court. D’une aisance classique pour un chemisier, ni ample, ni cintré. Pour les détails, il n’y a rien d’exceptionnel sur le devant. Par contre dans le dos, je me suis lâchée un peu plus.

 

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L’avant est donc assez classique. Cousu sans ajout de pièces au niveau des épaules ni poche. Je l’ai gardé le plus simple possible. Il n’a pas de col d’aucune sorte, ni de patte d’épaule. Le strict minimum, je vous le dis.

Les boutons sont des classiques dans la forme et la couleur blanc cassé s'accorde bien avec le Liberty sans le surcharger. Ils sont au nombre de cinq, parce que si j’ai un peu grossi, je n’ai pas pris un centimètre ! Et cinq étaient assez.

Les manches courtes, c’est pour le côté estival. Et les couleurs chaudes du Liberty Wiltshire rouge n’appellent pas à du long, surtout en août.

 

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Vu de dos, c’est une autre histoire. Si le tissu se suffit à lui-même tant il est absolument canon, je ne pouvais (voulais ?) pas me contenter d’un dos simple. Le devant est déjà basique, si on considère que le léger arrondi du bas est normal. Mais est ce que j’avais réellement envie que le dos soit aussi classique. Juste une touche de fantaisie alors.

Une simple goutte dans l’encolure, relevée par un joli nœud tout simple. La goutte est cousue avec une parmenture en voile de coton, dans le but d’être la plus discrète possible. Le Liberty étant très fin, je ne voulais pas qu’on remarque mes finitions dessous. Le nœud, c’est pour sublimer la goutte et relever le tout. Il est aussi cousu dans le voile de coton blanc cassé. Je pense qu’un beau blanc se serait mieux associé au Liberty. Mais j’ai vidé les armoires avant de déménager et je n’avais qu’une chute de plumetis blanc en rayon. Vivement que je remplisse à nouveau !

 

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Côté finitions, du biais partout ! C’est bien plus simple avec ma parmenture de goutte sur le col pour être tout à fait franche. En attendant de partir dévaliser les deux merceries de la ville dans lesquelles j’ai remarqué de bien jolies choses, dont un petit rayon contenant Liberty, Petit Pan, Atelier Brunette, FDS, Frou Frou… (Retenez-moi !), j’ai pioché dans mon stock de biais. Lui, il n’a pas nécessité d’être vidé car il n’est pas ce qu’il y a de plus encombrant. J’ai trouvé un bon deux mètres de biais Liberty, exactement le même que le tissu. Dans ces conditions, mon biais est à cheval sur l’endroit et l’envers du col et des manches.

 Le bas de mon chemisier est arrondi en son centre devant et dos et se rejoint au niveau des coutures un peu surélevé. C’était voulu. Mais la question des finitions s’est quand même posée. Un ourlet simple me semblait très compliqué voire impossible à coudre. Le biais semblait être l’option la plus simple. J’ai longuement réfléchi sur la meilleure façon de le poser et il est finalement à cheval sur l’endroit et l’envers comme le reste de mes finitions.

 

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Je voulais un chemisier pour moi, et faute de trouver mon bonheur dans mes patrons, je l’ai créé de toute pièce. Il est assez simple dans la forme, et son aisance le rend agréable à porter au quotidien.

 

Le patron : patron maison

Le tissu : Liberty Wiltshire rouge de chez Mamzelle Fourmi.

Biais : Liberty Wiltshire rouge de chez Mamzelle Fourmi également.

Boutons : Mondial Tissus.